17.12.2005
Vingt deuxième réflexion
Il était une fois un magicien qui entre dans un métro.
Il y a trop de monde, alors ne trouvant pas de place il reste debout. Il s'ennuie. Il passe sa main dans sa poche. Il en ressort un jeu de cartes.
Les tours de passe passe commencent.
Une place se libère. Il vient s'asseoir près de moi. Il continue ses tours. Fait réapparaître le valet de carreau qu'il vient de glisser au millieu du paquet.
L'homme en face du magicien me regarde. Il est stupéfait par son agilité. Moi aussi.
Le magicien fait tirer une carte à l'homme. Il l'a retrouve au milieu de nul part.
Le magicien s'en va.
Autour de nous, personne n'avait rien vu.
Aveugles, aveugles ! ne voyez-vous donc que la laideur? La beauté ne fait elle jamais partie de votre vision?
11:30 Publié dans Réflexions métroïques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
05.12.2005
Vingt et unième réflexion
C'est beau les amoureux dans le métro.
Ils se font des bisous
Ils se tiennent par la main
Il se raccrochent l'un à l'autre
Ils se font rire et sourire, complices
Parfois ce n'est pas beau les amoureux dans le métro.
Ils se tiennent mais ne partagent rien.
Aujourd'hui : deux amoureux bras dessus bras dessous. Vingt minutes de métro et pas un mot. Vingt minutes de métro et pas un regard.
J'imagine ...
-Station suivante je le plaque
-Je l'aime mais elle n'a rien à dire. Quelle cruche.
22:17 Publié dans Réflexions métroïques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
29.11.2005
Vingtième réflexion ou Jeu trois
Double emploi cette note : à la fois l'annonce d'une activité possible dans le métro et le résultat de cette activité. Je suis enfin passé à l'acte : comme ces fous maniaques qui prennent notes de tout et que l'on crois eparfois dans le métro, je me suis acheté un joli petit carnet à spirales pour relever certaines choses que je vois et dont je veux parler.
Résultats de ce premier jour:
- Un carnet à spirale de la marque senfort, qui n'a pas d'odeur. Un mini crayon Ikea pour prendre mes notes.
- Le sosie du mec paumé qui était dans ma classe en primaire, qui n'avait pas d'amis, qui a du aller voir un psy sur les conseils de profs, dont tout le monde se moquait. Et dont j'étais amoureuse (mais c'est un secret entre vous et moi)
- un clarinettiste dans la rame suivante qui ne devait pas réussir à se faire entendre mais que j'aurai aimé avoir dans ma rame.
- Un vieux monsieur qui lit Les Arts décoratifs, une vielle dame qui lit un Arlequin Une Intense attirance (allitération en [s] )
- Un clochard îvre qui fait les cent pas devant un sac virgin posé sur un banc.
-La publicité qui m'aveugle.
19:20 Publié dans Jeux métroïques, Réflexions métroïques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
28.11.2005
Jeu deux
Moi qui suit contre la presse gratuite. Moi qui préfère toujours lire des journaux de qualité. Le monde (www.lemonde.fr), Libération (www.libération.fr), qu'importe? Moi, celle qui milite pour la valorisation de l'analyse journalistique.
Je vous conseille de jouer au Sudoku et aux mots fléchés dans le métro.
Quel lien?
Vous trouverez gratuitement tous les jours une grille de chaque dans 20 minutes, le journal gratuit distribué le matin à mes stations de métro. Ca y est peut être aussi dans Métro, mais je n'y ai pas accès. Il y a une grille de Sudoku dans Paru Vendu aussi ai-je découvert vendredi.
C'est tellement plaisant de s'autarciser.
J'hésite toujour à demander à mes voisins de métro "tête de rocher en 2 lettres?" (ro, tout bêtement). Et ça me fait sourire d'imaginer leur tête.
12:25 Publié dans Jeux métroïques | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
27.11.2005
Dix-neuvième réflexion
Douce folie qui berce les usagers du métro ...
"Il y avait un étudiant qui s'appelait Julien Clerc. Il y avait un étudiant qui s'appelait Julien Clerc. Il y avait un étudiant qui s'appelait Julien Clerc. Il y avait un étudiant qui s'appelait Julien Clerc. Tudiant qui s'appele Julien Clerc (...) Julien Clerc. Il y avait un étudiant qui s'appelait Julien Clerc. "
...
Message secrêt d'un homme malheureux à la société. Que voulez-vous nous dire? Quel triste passé apparaît dans ces mots insencés, sans cesse répétés?
12:26 Publié dans Réflexions métroïques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
22.11.2005
Dix-huitième réflexion
Je mesure aujourd'hui combien favorisé
J'étais quand je travaillais chez P'tit Louis
A Ballancourt-sur-Seine dans l'entreprise modèle
Je participais à l'expansion.
A 5 heures du matin, levé comme à l'aveugle
Se lever avaler son café
S'enfoncer dans le noir, prendre le bus d'assaut
Piétiner dans le métro c'était le pied.
Anastasie l'ennui m'anesthésie
S'engouffrer au vestiaire, cavaler pour pointer,
Enlever sa casquette devant le chef.
Faire tourner la machine, baigner toute la journée
Dans l'huile polluée, quelle santé !
Surtout ne pas parler et ne pas trop rêver,
C'est comme ça que les accidents arrivent
Et puis le soir venu, repartir dans l'autre sens,
Vers le même enthousiasme voyage.
Anastasie l'ennui m'anesthésie
Heureusement, un jour, Pont-de-Sèvre-Montreuil,
Dans le bain de vapeur quotidien,
Dans la demi-conscience, au hasard d'un chaos,
J'ai senti dans mon dos tes deux seins.
Je me suis retourné, je t'ai bien regardée,
Et j'ai mis mes deux mains sur tes seins.
Tu m'a bien regardé et tu n'as pas bronché,
Bien mieux tu m'as souri et j'ai dit:
Anastasie l'ennui m'anesthésie
Tu t'appelais Ernestine ou peut-être Honorine
Mains moi je préfère Anastasie.
On a été chez toi, ça a duré des mois,
J'ai oublié d'aller chez P'tit Louis.
Qu'est ce qu'on peut voyager dans une petite carrée
On a été partout où c'est bon.
... Suite
Et puis un soir comme ça, pour éviter l'ennui
On décidé de se séparer.
Anastasie l'ennui m'anesthésie
La morale de ce tango, tout à fait utopique,
C'est que c'est pas interdit de rêver
C'est que si tous les prolos, au lieu d'aller pointer,
Décidaient un jour de s'arrêter,
Et d'aller prendre leur pied où c'que ça leur plairait
Ce serait bien moins polluant que l'ennui,
Y'aurait plus de gars comme moi, comme j'étais autrefois
Qui se répétaient tous le temps pour tuer le temps.
Anastasie l'ennui m'anesthésie
François Béranger ou Sansévérino - Le tango de l'ennui
23:00 Publié dans Réflexions métroïques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
20.11.2005
Jeu un
Dans le métro, parfois je joue à compter.
Ca paraît idiot comme ça? Oui, surement, vous n'êtes pas le premier à penser cela, mais je persiste et signe : compter, ça peut être drôle. Même si comme moi on n'aime pas les maths.
Que compter?
Les converses, les boucles d'oreilles, les piercings, les tatouages. Mais aussi les gens qui ne sont pas habillés pour la bonne saison, ceux qui lisent le journal ou un livre.
Pour quoi faire?
Tenir des statistiques si on est patient et minutieux. Comme ces personnes qui tous les jours à la même heure prenne une photo, on peut faire un état des lieux du paysage métroïque tous les jours. Ou tout simplement pour le plaisir.
Ce que je préfère?
Compter les sourires. L'idéal c'est de le faire à voix haute, accompagnés d'amis. Il faut rentrer bruyamment dans la rame, en disant "Allez c'est parti! Combien y a t - il de sourires dans ce métro". Si on a de l'humour et de la chance, les sourires se multiplient à vue d'oeil.
Le problème, c'est que le plus souvent, les sourires dans le métro, c'est rare.
20:20 Publié dans Jeux métroïques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
15.11.2005
Jeu Zéro
Après avoir écrit ma dix-septième réflexion métroïque, et en prenant le métro (comme de par hasard?), je laissais mes pensées vagabonder. En chemin elles s'arrêtèrent sur un constat: je ne peux pas continuer à l'infini (et oui, j'ai de l'ambition) un blog avec une seule rubrique.
Je pense en effet que peu de gens sont intéressés par mes tribulations dans le métro. Tout le monde se fiche de savoir ce que j'ai vu, entendu, pensé, interprêté. Mais moi, çe me plait de le raconter, alors je vais continuer.
Mais puisqu'il faut plaire, puisqu'il faut séduire, puisqu'il faut bien avoir un publique (sans quoi toute parole est lettre morte), la question se pose : que demande le peuple?
Du pain et des jeux.
Bon, pour le pain, débrouillez-vous, surtout que ce n'est pas très ragoutant de manger dans le métro.
Pour les jeux, je peux peut-être faire quelque chose... ben oui, moi aussi parfois je m'ennuie ! Du coup, j'ai plein d'idées pour m'occuper. C'est dommage de ne pas partager.
Alors à partir de maintenant, je posterai de temps en temps des jeux dans cette rubrique. Mais ça ne veut pas dire que j'arrête les réflexions.
22:05 Publié dans Jeux métroïques | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
11.11.2005
Dix-septième réflexion
Le métro ajourd'hui c'était absurde.
J'étais assise dans le carré de six, face à un homme, une femme et un autre homme qui dormait. A ma gauche, un homme qui jouait à une cosole de jeu genre gameboy-quelquechose, à ma droite un jeune homme qui essayait de lire mes fiches.
Le dormeur émet un premier ronflement.
Je souris.
Le dormeur émet un deuxième ronflement.
Je ris.
Il en émet un troisième.
Et là: miracle! L'homme sourit, la femme rigole, le jeune homme s'esclaffe. Et moi je me bidonne carrément. J'explose en quelques secondes mon souriromètre! C'est rare les rames où il y a autant de gens qui rigolent. Je rayonne de bonheur...
... mais je tourne légèrement la tête vers la gauche pour voir si jeuxvidéo-man avait lui aussi un beau sourire. Triste chose que de voir qu'il n'avait pas levé un seul instant les yeux au son délicat du ronflement.
Retour à la réalité: l'insolite n'est pas contagieux dans le métro.
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09.11.2005
Seixième réflexion
Le métro, pour moi, c'est des vitres.
Il faut bien regarder quelque part dans le métro. Parfois pour me créer ma solitude, je regarde à travers la vitre. Comme ça, j'évite le regard des autres, j'évite de ressentir leurs expressions.
Alors qu'est-ce qu'il y a à voir?
Tout d'abord, un tunel ce n'est pas noir au passage d'un train. L'intérieur éclaire l'extérieur. Le train rayonne. Il fend l'obscurité. Il éclaire le sol, jonché de canettes de bierres et de mégots (qui peut bien venir boire et fumer ici? Est-ce si attirant?). Il illumine les murs couverts de grafitis et de tags. Parfois d'insultes.
Mais le métro traverse aussi des stations. A droite, les gens qui s'apprettent à monter dans la rame. A gauche, ceux qui attendent toujours. Qui parfois nous regardent. Comme on regarde des poissons dans leur acquarium.
Et aujourd'hui: un homme. Le pantalon baissé. Se penchant pour le remettre. Pas plus gêné que ça d'avoir son slip kangourou à l'air.
PS: Il est étrange de voir comment parler de mes seins attire les commentaire. J'aimerai juste répondre que non, en automne à Paris je ne me promenne pas les seins à l'air dans le métro et que je suis effectivement couverte : j'étais en pull. J'aimerai par ailleur savoir quel est l'endroit de la médaille puisqu'on me parle d'envers. Je constate enfin le paradoxe entre une réaction de femme et une réaction d'homme.
17:47 Publié dans Réflexions métroïques | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note


